LA FOURMI

Age : 24 Inscrit le : 04 Fév 2008 Messages : 125 Localisation : c'est trop compliqué à situer, en gros dans le 44...
| Sujet: LA FOURMIS SAIT AUSSI TENIR UN CRAYON... Dim 20 Avr - 10:53 | |
| ...enfin, sauf quand j'ai 3g d'alcool
IBN, LE SAUVAGE (extrait d'un projet de livre pour enfant que j'avais taper pendant le cours de PAO de l'époque lycée. Trois illustrations de terminées depuis)...
1•UNE ÉTRANGE DÉCOUVERTE Cette histoire s’est passé il y a bien longtemps. C’était à une époque où les hommes ne brulaient pas les livres et où l’Orient vivait une période faste et riche... Il faisait très chaud dans le désert, pourtant, le soleil ne s’était pas encore levé. Au loin sur les dunes une tache blanche se mouvait en silence. C’était Omar, le conteur. C’était un vieil homme sans âges. Sa peau était tannée et basanée par le soleil. Il marchait d’un pas souple. Derrière lui, son dromadaire, Apis, le suivait. Il était lourdement chargé de la tente, et des sacs de sel, plus précieux que l’or. Cependant son plus grand trésor tenait dans un sac en peau de chèvre qu’il portait toujours en travers de lui : ses calames, son papier, ses livres, ses parchemins et ses godets d’encres. Personne ne savait quel âge il avait vraiment, mais des quatre coins du désert, il était connut par tous, du plus humble des bédouins à la plus petite des sauterelles.
Le soleil était déjà haut dans le ciel et la chaleur était insoutenable. De grands rochers rouges et ocres se dessinaient à l’horizon, c’étaient les montagnes, truffées de petites grottes et de grandes cavernes. Omar décida d’y faire halte dans l’une d’entre elles. Api n’était pas contre un petit somme, et dans un bâillement de satisfaction, il se coucha, à la demande de son maître. Alors que Omar le déchargeait de son fardeau, un immense souffle venant des profondeurs de la caverne vint troubler le silence de leur refuge. Affolé, Apis se mit brusquement debout bousculant Omar, manquant d’écraser le vieil homme. Puis soudainement, le vent tomba. Ce fut de nouveau le silence... Intrigué, Omar brûla une torche et s’enfonça dans le noir sous le regard inquiet d’Apis. La réponse à sa question ne se fit pas attendre. Et quelle réponse: Là, à ses pied, il découvrit une petite créature maigre et toute noire: un poulain. «Pauvre petit. Mais comment est il arrivé ici ?» Pensa Omar en regardant autour de lui. Ses longues pattes recrovillées, ses grosses oreilles aplaties de chaque coté de sa grosse tête, le jeune animal n’en menait pas large. Il semblait paralysé par la peur. Omar approcha la torche du poulain et remarqua que l’une de ses pattes était coincée sous un amas de grosses pierres. Avec d’infimes précautions, il dégagea le poulain, le palpa - il pouvait avoir quelque chose de cassée - et l’enveloppa prestement dans sa djellaba. Pas plus lourd qu’un chevreau, le jeune animal était trop fatigué pour protester et se laissa faire. En le voyant, le vieil Omar se remémorait cette époque lointaine où ses fils, prit sur le fait, le regard penaud, le suppliait de leur accorder sa clémence, trop terrifier à l’idée de la correction. - Tu me rappelle mes fils, tient ! s’exclama Omar en soulevant le poulain. Je t’appellerai donc Ibn. Et les années passèrent...
2•L’HOMME AU TURBAN Dix longues années s’écoulèrent... Le petit poulain noiraud et chétif fit place a un magnifique étalon blanc aux crins d’argents et à la robe de nacre. Ibn était devenu une véritable force de la nature. Immense et majestueux, il n’avait peur de rien. Les dunes étaient ses terrains de jeu favoris et il aimait défier les oryx à la course. Apis n’était plus de ce monde. C’était donc Ibn qui jouait le porteur. Ibn n’avait jamais connu le mors, mais il se mettait volontiers à genoux lorsqu’Omar montait sur son dos pour aller en ville. Malheureusement, ne craignant pas l’homme, Ibn était curieux de tout, avec ce que cela entraînait comme bêtises et comme conséquences. Ibn ignorait que son protecteur ne serai pas toujours là pour le défendre de la cupidité des hommes. Il ignorait que pour ces derniers, les chevaux comme lui valaient beaucoup d’or. Depuis quelque mois, caché derrière les fenêtres grillagées d’un palais, un homme observait avec convoitise le protégé du vieux Omar.
Omar était maintenant un homme très fatigué. Il se déplaçait difficilement. La lumière du soleil l’aveuglait. Mais il y avait pire: il lui arrivait de perdre la mémoire durant ses contes. Il oubliait un mot, se trompait sur une dates, butait sur le nom d’un personnage... Les gens n’accouraient plus vers lui comme avant et la place était souvent déserte lorsqu’il arrivait. Alors, un jour, Omar eu une idée: il sortit une petite flûte en bois de sa besace et se mit à jouer un air entraînant. Et alors une chose incroyable se produisis : Ibn se mit à danser, battant le rythme de ses quatre sabots noirs. Sa danse remplit toute la place. Comme par enchantement, des portes et des fenêtres s’ouvrirent. Des ruelles, une foule de gens se pressèrent, faisant un cercle autour du vieil homme pour voir de plus près l’étrange spectacle qui se déroulait sous leur yeux. Plus personne ne parlait, on entendait juste le son de la flûte et les sabots de l’étalon. Parmi cette foule, un homme habillé d’or et de brocards s’avança. Son turban de sois rouge scintillait sous le soleil de midi. Les curieux s’écartèrent avec respect en baissant la tête. Et lorsque la flûte s’arrêta enfin, ce fut le silence. Le charme fut rompu. La foule se dispersa. Quelque badaud jetèrent des pièces d’or sur la place, puis retournèrent vaquer à leur occupation. Il ne resta plus que Ibn et Omar ainsi que l’homme au turban de soie rouge fixant l’objet de sa convoitise. Subitement l’étalon devint nerveux. Il recula. Son oeil était méfiant et ne semblait pas apprécier la présence de «l’étranger.»
- Le bonjour mon seigneur. Que puis-faire pour vous ? risqua Omar embarrassé. - Combien veux-tu, vieillard ? lanca brusquement le riche l’homme. - Je suis désolé. Mes livres ne sont pas à vendre. répondit le vieil homme, de plus en plus inquiet par la situation. Le riche personnage s’impatientait: - Tes livres ne m’intéressent pas ! C’est ton cheval que je veux ! Alors ! Décide toi ! - Ce cheval n’est pas à vendre. Veuillez m’excuser, je dois partir, répondit prudemment Omar. Mais l’homme au turban insistait encore: - J’ai beaucoup d’or tu sais. Ecoute, je te donnerai le double du prix que tu me proposeras! Omar fit la sourde oreille. D’un claquement de langue, il fit signe a Ibn de se mettre à genoux. Une fois sur son dos il lui flatta l’encolure. Une légère brise soufflait dans les longs crins soyeux de l’étalon. Les rayons du soleil lui faisaient comme une auréole de lumière dorée. Le vieil homme, tenant une poignée de crins dans une main, salua respectueusement le haut personnage une dernière fois. Puis dans une volte légère, Ibn partit au petit trop. Alors l’homme au turban rouge lui lança menaçant : - Tu ne sait pas à qui tu t’adresse vieillard ! Tu ne l’emportera pas au paradis ! Mais le vieil homme était déjà loin...
3•LA MORT DE OMAR Les jours passèrent... La mort dans l’âme, Omar avait attaché Ibn à un solide poteau de bois, à l’ombre de la caverne où il avait planté sa tente. Mais Ibn ne l’entendait pas de cette oreille et tenta plusieurs fois de suite de faire céder cette chose qui le privait de liberté. Mais la corde tint bon. Voir l’étalon dans cet état faisait beaucoup de peine au vieillard, mais il n’avait pas le choix. Il savait que Ibn attisait la convoitise des hommes comme le vent sur des braises. De plus, Omar sentait la vie au fil des jours le quitter peu à peu. Il n’avait plus la vaillance pour courir après son protéger. Et puis vint cette nuit terrible...
La nuit était claire et s’était parée de son plus beau manteau d’étoiles... Ibn s’était résigné à supporter la corde. Les nuits sont glaciales dans le désert. Omar lui avait donc posé une couverture de laine sur son dos. Tout semblait calme. Mais le silence est trompeur : non loin de là un étrange nuage de sable avançait à l’horizon et il ne venait pas du ciel.
Il y a pire qu’une tempête venant du ciel, c’est une tempête venant du désert lui même : le Simoun, un immense mur de sable qui dévaste tout sur son passage. Lorsque Omar le vit arriver enfin, il était déjà trop tard. Le sable était déjà dans la caverne. La tête rentrée dans sa djellaba, le vieil homme s’était recrovillé dans un coin de la caverne, attendant que la tempête s’arrête. Mais au loin, il entendit des hennissements de terreur. C’était Ibn, qui était toujours attaché à sa corde. N’y tenant plus, Omar sorti de son refuge. Le sable lui piquait les yeux, mais il tint bon. Lorsqu’il parvint enfin à trouver Ibn dans ce chaos suffocant, il dénoua tant bien que mal la corde du poteau et tira l’étalon de toute ses forces vers la caverne. Mais Ibn était devenu fou de terreur. Il se cabra. Omar lâcha la corde et Ibn disparut dans le nuage de sable...
Le simoun a grondé toute la nuit, poursuivant de son souffle le cheval fou fuyant ce monstre de sable. Au petit matin, la tempête de sable faiblit enfin. Peu à peu, Ibn retrouva la raison et s’aperçu alors que le vieux Omar n’était pas à ses cotés. L’étalon retourna vers la caverne. Mais lorsque Ibn arriva sur les lieux, il n’y avait plus rien. Le simoun avait fait son oeuvre. Autour de l’étalon, c’était le silence. Rien ne volait dans le ciel et rien ne rampait sur le sable. Pas même une fourmi. Même les grands vautours qui d’habitude régnaient en maîtres sur le désert semblaient avoir déserté les lieux. Pour la première fois de sa vie, il se retrouvait seul, sans son protecteur à ses coté. Désorienté, l’étalon hésitait, faisait un quelque pas dans une direction, puis dans une autre. Autour de lui ce n’est que sable et rochers. Le silence devint de plus en plus pesant. Soudain Ibn devint comme fou: dans un cri de rage, il parti ventre à terre, droit devant lui. Il venait de comprendre que Omar ne viendrait plus vers lui. Il galopa, comme un fou durant des jours et des jours. Il traversa d’immenses plaines de sables et de rocailles, remontant des fleuves et franchissant des rivières vomies part des montagnes rouges. Durant des jours et des jours, il ignora la fatigue, la faim et la soif. Une nuit enfin, l’étalon ralentit l’allure. La corde pendait toujours à son encolure. Epuisé, il daigna enfin s’arrêter lorsqu’il se retrouva au pied des remparts d’une cité blanche. Las, Ibn s’écroula dans le sable, terrassé par la fatigue. Du haut des hautes tours, un homme le fixait et savourait sa victoire prochaine...
4•PRISONNIER Lorsque Ibn ouvrit les yeux, ce fut pour se découvrir ligoté de toute part et entouré d’homme puant le bouc. Cette odeur lui était insupportable. Par jeu, l’un d’eux osa poser le pied sur son dos. Le repos lui a redonné quelque forces. La tête de l’homme est tout près de ses naseaux et sa bouche dégage une haleine fétide de chou pourris. S’en est trop! Dans un accès de rage, Ibn parvint à faire céder la corde qui plaquait son encolure au sol et le mordit à la jugulaire, faisant gicler du sang. L’homme hurla se roulant dans la poussière. Autour de lui, ça gesticule de toute part. Le goût du liquide rouge dans sa bouche ne fait que décupler la rage de l’animal. Une à une les cordes qui le plaquaient au sol cèdent.
Ce n’était plus un cheval mais un fauve blanc qui chargea à toute allure. Devant lui, c’était l’affolement général! De tout les côtés, c’était la panique la plus total et Ibn en éprouva un plaisir malsain. À quelque mètre de lui, il aperçut un garde qui s’agitait dans tout les sens. Il semblait le défier. Ibn fonça droit dessus. Mais l’homme était rapide. Il l’entraîna dans un dédale de petites ruelles tortueuses débouchant sur une grande place. C’était jour de marché ce jour là, il y avait donc beaucoup de monde. Et lorsque l’étalon arriva, ce fut la débandade! Cette pagaille l’amusait beaucoup et il mit le plus grand soin à tout renverser sur son passage: étalages, tentes, badaud... Tout y passa!
L’homme continua sa course folle et s’engouffra dans l’entré d’une immense cour sans issus suivit de près par le fauve, l’écume au lèvres. L’homme bondit et tenta d’escalader un des remparts. Son postérieur était assez tentant. Ibn se mit debout, les sabots antérieurs posés sur le mur. Ses naseaux frôlèrent de peu le derrière du malheureux qui tentait tant bien que mal de rester hors de porté des terribles mâchoires de l’étalon. Ibn n’avait pas remarqué que derrière lui, les portes de la grande cours se refermaient sur lui, dans un sinistre grincement. Il fallut bien dix hommes solides pour pousser les lourds et gigantesques battant d’ébène. Les charges répétées de l’étalon firent vibrer le bois de la porte et les hommes avec. En vain. Ibn était pris au piège. Un immense filet de cordes lui tomba dessus. L’étalon se cabra, se débattant, faisant de spectaculaires sauts de moutons. Mais ses sabots se prirent dans les lourdes mailles. Il s’écroula mais se releva aussitôt. À l’instant même, des gardes jaillirent de partout, armés de lourds bâtons de bois. Il pleuvait des coups à la moindre de ses ruades. Inexorablement, il reculait vers les lourdes portes qui se rouvrirent lentement sur une grande et solide cages à lions. Une fois l’étalon à l’intérieur, la trappe se referma sur lui. De toutes parts, ce fut un «ouf» de soulagement. On osait - timidement - sortir de sa cachette. On s’agglutina autour de la cage pour mieux voir celui qui avait provoquer tout ce remue ménage. Dans cette foule, une voix s’éleva. C’est le grand vizir entouré de ses hommes de mains. On s’écarta à leur passage. «Faites place au grand Vizir!» Hurlèrent - ils. - Il est à moi! À moi! Écartez vous ou je vous fait tous couper la tête! hurlait-il à qui voulait l’entendre. Avec peine, les gardes attelèrent la cage à des boeufs. Puis, Lentement, le précieux convoi quitta la place du marché. La population reprit ses activités habituelles. Mais le marché et ses occupants n’était plus les mêmes: on avait du mal à garder l’esprit concentré sur la vente de la pastèque et de la volaille lorsque tout les étalages avaient été dévasté.
_________________ Les femmes au fourneau, les hommes au zoo et les fourmis au pouvoir ... blog : http://charly-debray.over-blog.fr |
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